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11/09/2011

Dettes et démocratie en Europe


Je note avec grand plaisir que par rapport au financement des dettes européennes par des fonds spécifiques avec la caution des Etats européens (type FESF) , les juges de la Cour Constitutionnelle allemande de Kalsruhe ont rappelé  le 7 septembre dernier un certain nombre de principes sur le plan démocratique que j’avais abordés lors de mes précédents mails.
Ainsi, la Cour Constitutionnelle Allemande juge que , dans la mesure ou l’Europe  ne dispose pas de structure politique fédérale,  il est impossible pour le Fond Européen de Solidarité  financière (FESF) d’engager des dépenses ou des cautions des Etats européens dans le financement des dettes d’autres Etats européens, et en plus  sur plusieurs exercices budgétaires,  sans consulter, les parlements nationaux au préalable,. Ainsi,  sans interdire l’aide à la Grèce , ils rappellent que les futures aides doivent recevoir l’accord d’abord du parlement allemand (Bundestag).
Sinon un Etat aurait  à répondre de décisions prises par d’autres Etats à sa place. Il est hors de question donc pour eux (et leur délibération force de loi en Allemagne) que le FESF*  engage les finances des Etats sur plusieurs années sans accord préalable de la commission du budget du Bundestag.
Je cite “ Dans un système intergouvernemental, les députés en tant que représentants élus du peuple doivent garder le contrôle sur les décisions fondamentales de politique budgétaire”.
Visiblement ce principe de base de la démocratie semblait être oublié, et c’est une bonne chose que des cours constitutionnelles le rappellent.
Amicalement
Georges Fandos

*Dans cette affaire ce qui est encore plus choquant c’est que le FESF a un statut de société anonyme et même pas d’organe intergouvernemental ou international comme le FMI !
 

03/09/2011

Chronique sur le dernier livre de François Hollande

Je viens de lire avec précaution le dernier livre de François Hollande (“Le rêve français”) , histoire de voir ce qui nous attend s’il est président.
Quelques morceaux choisis:
P 52:  “La désindustrialisation n’est plus une menace , c’est un fait accompli”
P 78 “ la solution, c’est de réarmer la production française: politique industrielle, croissance verte, effort de recherche”
p110 : “je peux comprendre que l’on puisse introduire une taxe carbone aux frontières et être plus vigilant sur le dumping social et fiscal”
Tout cela est fort bien , mais on peut lire aussi dans ce même ouvrage:
P 110: “je récuse l’idée ... que le relèvement des tarifs douaniers.... puisse être un levier efficace”

Autrement dit, F. Hollande  nous annonce: oui, à une ré-industrialisation compatibles avec la croissance verte et en luttant contre le dumping social et environnemental , mais en ce qui concerne les outils pour le faire (taxe carbone, tarifs douaniers..) François Hollande “comprend” qu’on veuille le faire mais il ne croit pas à ces outils !
Que fera-t-il s’il est au pouvoir ? Continuera t-il à évoquer des vœux pieux sans se donner les moyens de les réaliser?
Plus inquiétant: il propose par ailleurs (p 53) de faire un emprunt pour aider les entreprises à produire . Mais le problème actuel ce n’est pas en soi la difficulté pour les entreprises de trouver des fonds pour investir ,mais les débouchés limités par la déflation et la concurrence déloyale de pays à faibles  coûts ou a forte productivité (Allemagne) qui interdisent des perspectives d’investissement chez nous ! Il y a là de sa part une très grave erreur d’analyse !

De plus les euro obligations que François Hollande a encore défendu sur France Culture cette semaine, sont une nouvelle fuite en avant dans le laxisme et la facilité : on va faire des emprunts auprès des Etats européens qui en ont encore les moyens pour financer des euro obligations cautionnées par l’ensemble des contribuables européens sans véritables contreparties et garanties,  car l’Europe politique n’existe pas et il sera impossible dans ces conditions d’exiger des disciplines budgétaires à des pays qui ne les veulent pas ou ne peuvent pas les appliquer car c’est aux peuples qu’on demande les sacrifices.
Ces ”euro obligations”  me rappellent terriblement le mécanisme de la titrisation des dettes : un système opaque où on propose à des prêteurs  un produit financier qui est un mélange de dettes fiables et d’autres qui le sont moins (les fameux “subprimes” des USA) , mais que le prêteur final a du mal à appréhender du fait de l’ opacité de sa composition; de la même façon on refourguera à des Etats européens la charge de se faire rembourser via une structure spéciale créée à cet effet (FESF* ou MES*) , des euro-obligations qui seront un mélange de dettes des Etats plus ou moins fiables : cela va fragiliser la BCE, les fonds structurels créés “had hoc “(le FESF et MES) ... et les Etats qui fournissent les fonds ! La facture risque d’être salée pour les contribuables des pays qui pourront encore payer !
De plus le rachat par la BCE (plus de 100 milliards d’euros) réalisés ces jours ci, sur le marché secondaire (rachat d’obligations d’Etat décotées) des obligations de l’Europe et l’Italie a contribué à diminuer le taux de ces obligations: cela prouve qu’on a pas besoin d’euro obligations pour faire baisser les taux ! (C’est l’argument avancé pour justifier ces euro-obligations)
Au moins le mécanisme mis en œuvre par la BCE, et pourquoi pas demain par le FESF ou le MES, est plus transparent ! Par ce mécanisme,  le marché fixe la vrai valeur de marché des obligations, au lieu de, à travers des euro-obligations, de la masquer derrière un panier plus ou moins fiable de dettes. Ainsi  au moins , on n’invente pas une nouvelle usine à gaz  !

Cordialement
Georges Fandos

FESF: Fond Européen de Solidarité Financière, abondée par des Etats de l’UE à hauteur de 440 milliards d’euros.
MES: Mécanisme Européen de olidarité doté de 500 milliards d’euros, par les mêmes Etats... Contribuables à vos poches ,si la Grèce, l’Irlande, Le Portugal... Ne payent pas !

26/08/2011

Relocalisation des activités /démondialisation : le Brésil montre la voie sur le dossier Foxconn !

La société Foxconn, géant mondial de la sous-traitance électronique installé en Chine, qui assemble entre autres, l’Ipad de Apple et des ordinateurs (Dell...) est très vigilante sur ces coûts de production. A ce titre elle va délocaliser ses usines  vers d’autres régions de Chine où le salaire est plus bas de 30 % (152 euros par mois dans les provinces de Hénan et Sichuan au lieu de 217 euros par mois à Shenzen pour 300 000 ouvriers travaillant à la chaine et dormant en dortoir, loin de leurs familles,  où une vague de suicides touche le salariés – La mondialisation heureuse chère à Alain Minc !) .
Foxconn envisage aussi de remplacer 500 000 ouvriers par un million de robots en trois ans, pour diminuer les risques de grève et réduire les coûts de production.

Ce qui est intéressant c’est que suite à la volonté du Brésil de taxer à l’importation les produits de Foxconn, ce même  géant de l’assemblage a décidé d’installer une usine au Brésil malgré des coûts de production supérieurs à ceux de la Chine, afin que ce marché ne lui échappe pas! En effet  le prix du “Ipad” fabriqué en Chine, et importé au Brésil, est du coup des taxes d’importation, le double de celui du même “Ipad”  acheté aux USA (“Ipad” qui vient de Chine également).
Pourquoi les européens ne feraient pas pareil ?  On relocaliserait des emplois, et même si à court terme certains produits d’importation coûteraient un peu plus cher (on n’a rien sans rien) ,”in fine” du fait des emplois créés, on s’y retrouverait globalement.

Le Brésil n’est pas pour autant exemplaire sur tout : la viande bovine exportée par de très grandes exploitations et issue de  zones déforestées de l’Amazonie mériterait une éco-taxe aux frontières européennes qui relancerait notre élevage bovin extensif à l’herbe, au plus grand bien de nos éleveurs qui aujourd’hui ont du mal à joindre les deux bouts, et au profit de l’aménagement rural.

La relocalisation/ démondialisation des activités; ce ne doit pas être que pour les autres !

Georges Fandos
Responsable thématique ”politique économique” à CAP 21

Le bêtisier des politiques

Je vous propose d’ouvrir un bêtisier sur les déclarations des uns et des autres au sujet de la crise financière car le jeu en vaut la chandelle , et il vaut mieux en rire qu’en pleurer :

1/ Moscovici explique dans Marianne à l’attention des contribuables allemands qu’il vaux mieux qu’ils payent des faillites des euro obligations dans un cadre mutualisé que dans un cadre non mutualisé car cela leur coutera moins cher  ! Enfin il explique que c’est à Mme Merkel de “vendre”  cela à ces électeurs ! Courageux mais pas téméraire le père Mosco !

2/ Christine Lagarde découvre les vertus de Keynes après avoir été un apôtre intransigeant de la politique de rigueur dite de “déflation compétitive” (euro fort , rigueur salariale...) : elle propose aux Etats de ne pas aller trop loin dans les plans de rigueur car ça risquerait de casser la croissance ! Merci Christine de penser un peu à nous !

3/ Georges Soros financier et spéculateur connu pour ses attaques dans le passé contre les devises européennes (et qui détient des obligations – ce qui n’est pas étranger à ses raisonnements actuels) défend les euro obligations car cela lui permettrait de mutualiser le risque en cas de faillite d’un Etat; en d’autre mots on ne peut pas se fier qu’aux seuls contribuables grecs pour payer , mon pauvre monsieur, faut que les allemands , les français banquent aussi pour nous ! Un raisonnement qui a du échapper à Hollande, Aubry, et Cohn Bendit ...chauds partisans des euro-obligations !

On vit une époque formidable !

Amicalement,

Georges Fandos
 

Les dernières nouvelles du "front" des présidentielles et de la "guerre" économique :

Miracle , tout  arrive !

Mr Bayrou vient de découvrir que si la France va mal , c’est qu’on ne produit pas assez ! Cf. Ses déclarations tonitruantes lors du lancement de son dernier livre . A la bonne heure ! Il était temps qu’il s’en rende compte !
Le problème c’est qu’à part quelques voeux pieux sur la formation, il ne propose rien de sérieux pour relancer l’emploi plombé par la concurrence des pays à faible coût de main d’oeuvre qui explique la perte de 650 000 emplois industriels (cf. chiffrage par l’économiste Jacques Sapir).
Et malheureusement, ce n’est pas le simple développement des activités écologiques en lui-même qui peut en soi s’opposer à ce phénomène.
La preuve ?
Deux exemples:
1/ La Chine menace d’exporter 13 millions de bicyclettes en Europe si les mesures de protection actuelles sont levées par l’UE (les vélos et les composants de vélos sont taxés à l’importation à hauteur de 48,5 % avec l’accord de l’UE - Source : article du Monde du 19 /08/11).
2/ En Allemagne le secteur photovoltaïque pâtit de la baisse des aides et de la concurrence chinoise (déjà un panneau solaire installé en Allemagne sur deux est d’origine chinoise - Même source d’information).

Ca devrait donner matière à réflexion à des écologistes un peu  naïfs qui penseraient qu’on peut développer les énergies renouvelables en dehors de protections anti-dumping !
Le savoir faire , les autres l’ont aussi, mais leur main d’œuvre est moins chère (et peu syndiquée... ce qui n’est pas pour déplaire aux multinationales occidentales installées en Chine et  aux firmes chinoises...

L’alliance du grand capital et du communisme totalitaire ! C’est pas beau !

Cordialement
Georges Fandos