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10/01/2015

Marche pour la démocratie et la liberté de la presse

Il faut que nous soyons nombreux pour exprimer notre condamnation des assassinats et défendre notre liberté d'expression ce dimanche 11 janvier ,  Montpellier  15h Place du nombre d’or - départ Club de la presse Montpellier (Antigone, place du nombre d'or) ou dans les autre lieux de rassemblement en France et à l'étranger.

GeorgesFandos

REFONDER L’ACTION POLITIQUE : AUTONOMIE, DEMOCRATIE ET ECOLOGIE

AVERTISSEMENT: 

Le texte qui suit constitue les premières pages d'un livre que j'ai intention de publier prochainement. Ce texte est protégé par un copyright, donc il ne peut être reproduit, copié ou utilisé par ailleurs sans l'autorisation explicite de son auteur Georges Fandos à contacter via son mail : georges.fandos@wanadoo.fr

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Alors que les gouvernements successifs de la France s’enlisent dans des politiques qui conduisent à la déflation et au chômage accru de nos concitoyens, sans qu’aucune perspective sérieuse de sortie de crise ne se dessine, il me semble urgent d’explorer des voies radicalement nouvelles qui n’ont pas été envisagées par nos gouvernants, faute d’imagination et de courage politique.

C’est pourquoi après de nombreuses années d’engagement politique et militant (1),  je suis convaincu aujourd’hui de la nécessité de mettre noir sur blanc mes idées et mes propositions afin d’en faire part à mes concitoyens. Mon intention c’est que ce texte soit une aide à l’action pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans l’action politique, au sens premier de « la politique », qui est la gestion de la cité, et qui est beaucoup plus vaste que « le politique »,  qui porte uniquement sur la prise de pouvoir.

Ce distinguo me paraît primordial. Il a été introduit par l’immense philosophe Cornélius Castoriadis *. Il distingue  « le politique » qui relève des pouvoirs dans toutes les sociétés,  de « la politique » comme activité collective qui se veut lucide et consciente et qui met en question les institutions existantes de la société.

Si je me suis décidé à publier ces écrits, c’est que je pense aussi, que notre époque paradoxalement très « communicative », mais sur la surface des choses,  manque d’outils de synthèse; or je suis persuadé qu’il n’y a pas de refondation possible de l’action politique sans un minimum de réflexion.

Prendre du recul par rapport à la réalité vécue tous les jours, par rapport au flot d’informations continue qui inonde nos vies quotidiennes est un exercice salutaire pour ceux qui veulent trouver un sens à l’action politique, au sens noble du terme « politique », qui, j’insiste, est la gestion des décisions collectives qui engagent tout un chacun en démocratie. Si je me sens obligé de réhabiliter le « politique », c’est que la classe dite « politique » des spécialistes de la chose, en donne un spectacle lamentable : course aux places, démagogie, trahisons continuelles, revirements opportunistes, magouilles financières... Il suffit d’ouvrir un journal pour lire continuellement ce genre de nouvelles. Aux yeux de nombreux de nos concitoyens l’image du politique est tellement dégradée, qu’elle explique le taux atteint pas l’abstention et le vote pour les extrêmes.

Car ce vote pour les extrêmes (en France, le Front National) exprime avant tout le rejet du politique « réellement existant », mais pas forcément l’adhésion à ces thèses, du moins pour l’instant et pour une majorité de nos concitoyens en France ; mais à force, on risque d’obtenir un vote d’adhésion à ces thèses xénophobes faute d’alternative crédible des forces démocratiques et populaires.

Une solide base théorique à l’action est  aussi l’assurance de ne pas sombrer, comme la Droite, ou les Socialistes de « Gouvernement » dans la gestion à courte vue de l’existant qui désespère tant nos concitoyens. On met des emplâtres sur des jambes de bois, on colmate des brèches, mais rien de sérieux  n’est fait par rapport aux problématiques de fond. Par exemple, est-ce qu’on réfléchit sérieusement à un mode de développement compatible avec l’environnement ou on cherche plutôt à relancer la croissance à n’importe quel prix pour la planète ?

Le manque de perspectives claires explique aussi l’échec des mouvements des « Indignés » ici et ailleurs, ou celui des mobilisations altermondialistes sans lendemain. J’y reviendrai dans un chapitre à ce sujet.

En résumé, je souhaite donc à travers ce livre, faire part de mon expérience et de mes réflexions de militant écologiste et de démocrate auprès de mes concitoyens et essayer d’apporter, par ce biais, une pierre à la nécessaire refondation de l’action politique, face au vide de propositions des forces politiques aujourd’hui en présence (2).

Cette refondation passe à mon avis par trois mots clefs : Autonomie, Démocratie et Ecologie.

Autonomie :

Face à une société où les individus sont rendus de plus en plus dépendants  à la fois de mécanismes économiques, techniques  et sociaux, il est urgent et impératif de développer l’autonomie des sujets, leur imagination et leur capacité à créer de nouvelles institutions qui répondent aux exigences démocratiques de nos sociétés, comme le souhaitait le philosophe Cornélius Castoriadis : « le projet d’autonomie c’est le projet d’une société où tous les individus ont une égale possibilité de participer à la législation, au gouvernement, à la juridiction et finalement à l’institution de la société » (3).

Pour reprendre sa terminologie, c’est le développement par l’éducation de cet « imaginaire radical », c’est-à-dire qui va à la racine des choses,  qu’on instaure depuis toujours,  dans des sociétés démocratiques, de nouvelles institutions sociales qui répondent à de nouvelles exigences d’égalité ou de nouveaux droits pour tous.

Nos sociétés doivent donc former des citoyens capables d’esprit critique face aux idées reçues, et de faire une lecture « distanciée » des informations qui leur sont fournies par les médias. En effet, comme le disait Aristote la démocratie, c’est non seulement des individus capables de gouverner, mais aussi d’être gouvernés.

C’est une tache préalable et urgente, car les conduites humaines sont de plus en plus conditionnées par des matraquages publicitaires ou médiatiques : « La Société du Spectacle » décrite de manière avant-gardiste et visionnaire par le situationniste Guy Debord. Cet auteur concevait le « Spectacle » non seulement comme l’organisation de la passivité des individus face aux évènements via les médias (télévision, journaux…) mais avant tout et plus globalement comme un rapport social : « Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images » Aujourd’hui, faute de perspectives collectives porteuses de sens, comme nous les avons connues dans le passé, où être « de Gauche » ou « de Droite » pouvait avoir une signification en terme de projet, le « sauve-qui-peut » individualiste ou le repli sur sa sphère domestique est la règle croissante pour surnager.

 

Aux antipodes de cette situation actuelle et désespérante, le résultat que nous visons, c’est par contre, que chaque individu, ait la possibilité de prendre ses distances, de jeter un œil critique sur les valeurs de sa société ; c’est la possibilité ainsi de se « désaliéner » par rapport aux comportements dictés par les injonctions publicitaires. Il s’agit bien  d’inventer de nouvelles  conceptions du vivre ensemble face à celles héritées du passé. Au niveau individuel, c’est le pouvoir d’imaginer par soi–même et grâce aux autres,  de nouvelles façons de voir le monde.

Pour la société, c’est la capacité collective pour les peuples, de créer de nouvelles institutions correspondant à leurs objectifs démocratiques et écologiques.

 

Les aptitudes individuelles à l’autonomie et  la pensée critique vis-à-vis des institutions sociales, sont à la base de l’idéal démocratique. Ils font partie de notre héritage culturel né dans la  Grèce  ancienne qui a inventé à la fois  la philosophie et la politique en tant qu’activités « instituantes » nées du peuple et par le peuple. La capacité de créer de nouvelles institutions à partir des anciennes, mais aussi en rupture avec celles-ci, est cette faculté spécifique de l’Homme à pouvoir imaginer du neuf à partir de l’ancien. Ces nouvelles institutions peuvent être alors porteuses de valeurs nouvelles que n’étaient pas prises en compte, voire niées,  pas les précédentes ; par exemple, à la Révolution française, l’idée d’Egalité entre les citoyens. 

Cette faculté est individuelle mais aussi née d’un contexte collectif et d’aspirations et valeurs portées par  tout un peuple. C’est cette atmosphère et cette culture qu’il s’agit d’encourager.

C’est cette capacité qui a été revitalisée par les révolutions démocratiques au 18ème siècle avec la Révolution française et aux Amériques. Ce sont ces démarches émancipatrices des ordres anciens  qui ont émaillé notre monde moderne en Afrique, en Asie, et en Amérique Centrale et du Sud avec les indépendances vis-à-vis des anciennes puissances coloniales, puis sur tous les continents, jusqu’à nos jours dans les pays arabes (Egypte, Tunisie, Lybie…) et en Asie (Thaïlande, Birmanie).

Grâce à l’imagination créatrice, la lutte contre l’hétéronomie (contraire de l’autonomie), c’est à dire la lutte contre l’imposition aux individus de règles sociales de manière autoritaire et non sujettes à discussion par des autocraties (militaires, religieuses ou économiques)  doit  donc être le socle de départ du projet des démocrates radicaux.

C’est la pensée centrale autour de laquelle l’action politique peut se structurer. En effet l’imposition aux individus de règles sociales et institutionnelles « non discutables » est source la source de l’aliénation individuelle et collective. Pour se rendre maître de son destin individuel ou collectif, il fut rompre ses jougs mentaux et politiques. C’est tout le sens des luttes d’émancipation des peuples qui ont émaillé l’histoire du mouvement démocratique ici et ailleurs. Les révoltes des esclaves, les jacqueries paysannes pour le maintien des terres collectives au Moyen Age (mouvement contre les enclosures), le mouvement ouvrier et les luttes écologiques ou féministes ont été et sont les porteurs de ces traditions… A nous de les mettre à jour, de les perpétuer et de les actualiser en fonction des enjeux du moment !

Il ne s’agit donc pas de refuser les institutions : elles sont utiles et indispensables dans toute société ; c’est l’erreur à la fois des ultra-libéraux et de  l’anarchisme ou de l’utopie marxiste du « dépérissement de l’Etat » que de vouloir s’en passer.

Toute société a besoin de règles instituées pour fonctionner, mais il ne faut pas que ces règles la paralysent et renforcent ou perpétuent un ordre injuste et très inégalitaire.

Ainsi, Thomas Piketty décrit de manière très synthétique , dans son dernier livre « le Capital au 21ème siècle » , les mécanismes  institutionnels (faiblesse des impôts sur le capital, stagnation démographique relative et expansion de l‘industrie), qui ont conduit nos sociétés développées à un système où la classe des 10% les plus riches se sont accaparés plus de 80 % des patrimoines à la Belle Epoque et comment après une phase de déconcentration des patrimoines, suite aux deux Guerres Mondiales, à la crise de 1929, et à la reprise qui a suivi, on risque de revenir à une situation plus inégalitaire à nouveau avec la mondialisation sauvage et dérégulée de l’économie mondiale.

Par rapport aux institutions, il s’agit par contre d’instaurer un autre rapport qu’un rapport d’asservissement entre d’une part ce qui est déjà institué, et qui résiste aux innovations, et d’autre part la volonté de créer de nouvelles institutions (c’est-à-dire, le pouvoir instituant de l’imaginaire créateur  des citoyens).

C’est cette volonté d’auto-nomie, c’est à dire de créer par soi-même (auto) des normes sociales et institutionnelles  (du grec, nomos =norme) que je veux caractériser ma démarche.

Par rapport à la technique qui façonne de plus en plus notre vie quotidienne, il est indispensable d’intégrer et de réactualiser la pensée critique sur les choix technologiques qui ne sont pas neutres en matière de relations sociales qu’elles vont induire. Ainsi, il y a des techniques qui créent des dépendances accrues des uns par rapport aux autres et des individus vis-à–vis de l’outil dans le processus de travail ; ce que Yvan Illich appelle la « convivialité » de l’outil ou son absence : « j’appelle conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes ». On peut comparer à ce titre, le travail des chaînes de montage ou les tâches peuvent soit être parcellisées, répétitives  et morcelées à l’extrême, ou bien les usines où la même personne réalise un travail en équipes avec des taches multiples et moins parcellisées (ex : chaines de montage Volvo).

Et du même auteur on peut citer cette phrase qui résume son propos : « il y a un usage de la découverte qui conduit à la spécialisation des tâches, à l’institutionnalisation des valeurs, à la centralisation du pouvoir. L’homme devient l’accessoire de la méga-machine, un rouage de la bureaucratie. Mais il existe une seconde façon de faire fructifier l’invention, qui accroît le pouvoir et le savoir de chacun, lui permet d’exercer sa créativité, à seule charge de ne pas empiéter sur ce même pouvoir chez autrui »(5).

Nous reviendrons sur un chapitre spécial consacré à ces questions importantes qui tournent au autour de la technique et ses choix et qui sont aujourd’hui oubliées alors qu’elles ont fait l’objet de nombreuses réflexions de la part du mouvement ouvrier et écologiques dans une optique autogestionnaire ou tout simplement de reprise démocratique de leur cadre de travail et de vie par les populations.

Ces idées constituent donc, non pas un aspect, mais la colonne vertébrale du projet politique. Je renvoie à ce sujet les lecteurs au livre ardu mais fondamental de Castoriadis intitulé « L’Institution imaginaire de la Société » ou à la série des « Carrefours du Labyrinthe ».

 

Démocratie

La visée démocratique s’oppose à toutes les visions autoritaires, théocratiques, scientistes ou dogmatiques (extrémistes religieuses, libérales ou marxisantes) qui conçoivent le monde comme la réalisation d’une conception divine, rationnelle ou utilitaire dont il faudrait suivre et appliquer les préceptes au plus près. Cette vision démocratique et vivante s’oppose donc à toutes les conceptions « essentialistes » et figées de l’Histoire qui expliquent que le sens de nos sociétés consiste à suivre le cours de l’Histoire avec un grand « H », qui est celui du développement des forces productives (marxisme), de la technique (scientisme), du marché mondialisé (capitalisme), ou  de la réalisation sur terre de conceptions théocratiques (extrémismes religieux).  Pour savoir ce qu’est ce fameux Sens de l’Histoire, il suffit alors de lire les textes fondamentaux : l’ancien Testament, Le Capital, le Coran, Le Talmud, La Richesse des Nations ou les délires du dernier dictateur en vogue… où tout est écrit pour que nos conduites soient conformes à ces préceptes et  il est énoncé ce qui permet de démasquer les déviants, hérétiques  et autres individus antisociaux !

A l’inverse, une conception libératrice de la société passe à la fois par l’existence d’espaces de liberté où on peut confronter librement les idées (liberté d’expression), mais aussi par l’éducation des individus et par la capacité politique de la société à mettre en œuvre un imaginaire créatif pour inventer de nouvelles institutions. L’éducation des citoyens est donc essentielle à toute démocratie. Il faut donc passer de « l’enseignement de l’ignorance », à l’engagement citoyen comme dit J.C Michéa dans un de ces ouvrages qui porte ce titre. C’est-à-dire qu’il faut passer de la passivité consommatrice ou de la démission de l’enseignement au nom d’une soi-disant pédagogie non autoritaire où l’enfant est à égalité d’autorité avec l’enseignant, à une volonté de former des jeunes puis des citoyens critiques, dans une relation qui ne peut qu’être hiérarchique quant à l’autorité, mais ouverte quant au dialogue.

N’en déplaise aux « pseudo libertaires **» et  faux « antiautoritaires », un certain nombre de valeurs fondamentales font partie de l’héritage de nos sociétés démocratiques et elles doivent être transmises dans le contenu de nos démarches éducatives comme le réclament tous ceux qui se reconnaissent dans l’héritage Républicain. Ces valeurs fondamentales concernent le principe de laïcité, l’égalité Homme/Femme, le respect de la personne, de sa liberté d’expression. On ne peut passer tout cela à la poubelle sous prétexte de défendre des approches multi culturalistes ou au nom du respect des différences et des traditions culturelles et religieuses. Il y a un socle de base qui n’est pas négociable en République. En particulier, la mauvaise conscience des ex puissances colonialistes ne doit pas sévir de prétexte aux tenants de conceptions religieuses rétrograde pour marquer des points dans l’espace public au détriment de la laïcité (cantines avec menus spéciaux, piscines ouvertes aux hommes et femmes séparément, médecins femmes dans les hôpitaux réservés aux patientes…).

Il ne s’agit pas de revenir à l’école de la IIIème République, mais de savoir conserver les principes qui ont bâti notre démocratie tout en restant à l’écoute des civilisations et des religions (pourquoi pas, comme le propose Régis Debray, l’enseignement du fait religieux à l’école dans le respect des approches mais sans prosélytisme ?). Cela permettrait de mieux comprendre les racines de notre culture, de jeter un regard plus lucide et critique sur notre civilisation matérialiste et utilitariste, qui comme le dit justement le même Régis Debray « est un mélange de marché libre, d’hyper individualisme - l’individu roi sans tradition, ni appartenance, ces boulets aux pieds du consommateurs - et de bonne gouvernance, qui serait l’art de gouverner sans faire de la politique et donc de gérer les pays comme des entreprises »  (interview au Monde du 15-07-2014). Peut-être qu’ainsi nos chers Enarques auraient une vision plus complète et une meilleure compréhension des enjeux internationaux : au lieu de lire les conflits avec l’Iran ou la Russie sous le seul filtre des Droits de l’Homme ou de l’économie, y verraient –ils aussi le conflit entre l’Occident et  les mondes Perse et Orthodoxe. Comprendraient-ils mieux que la question du nucléaire iranien est d’ordre symbolique et que les héritiers de l’empire Perse voient là l’occasion de se mettre au même niveau que leurs anciens rivaux de l’Ouest ?  Seraient alors plus enclins à négocier sérieusement ces questions iraniennes,  comme la question ukrainienne sur d’autre bases que le simple « droit-de-l’hommisme » cher à la vulgate Onusienne ?

Pour revenir à la question de départ, les principes Républicains peuvent très bien s’accommoder de démarches pédagogiques plus participatives à condition que les rôles soient bien identifiés : éducateur / éduqué. Il ne s’agit pas de cultiver le mythe de l’enfant Roi et de l’éducation « à la carte ».

Le code culturel de la société de consommation doit aussi passer au filtre de la critique : en un mot et en particulier pour nos jeunes, il faut passer des « fashion victim » (victimes des marques et de la mode)  à des personnes capables de porter un regard lucide et critique sur le monde. Pour les adultes, il s’agit de passer de la passivité consommatrice en politique (on vote tous les 5 ans et rien entre les deux), dans l’entreprise (tout y est décidé pour nous)  et dans la cité (on subit l’urbanisme concentrationnaire et l’exode rural), à l’engagement citoyen et salarial dans une perspective gestionnaire…Vaste programme me direz-vous !

Sur le plan de la participation des citoyens aux choix de la vie civique et politique, le pouvoir croissant des « experts » et des technocrates doit être encadré et le citoyen doit pouvoir contester  les décisions publiques et proposer des alternatives, quitte à les faire valider par des contre-experts sur le plan technique. Le débat doit rester ouvert et ne peut être arrêté avant d’avoir existé comme cela a été fait dans la passé pour de nombreux choix technologiques lourds, que ce soit sur le nucléaire civil , les OGM ou les nanomatériaux par exemple, ou des simples projets d’infrastructures (aéroports, autoroutes…). On doit garder à l’esprit, la sagesse populaire (la « common decency » chère à Georges Orwell), le sens de la mesure (la « phronésis » = la prudence, de la philosophie grecque) pour éviter toute démesure et fuite en avant fatale, que ce soit dans la course aux armements,  la technologie, les manipulations du vivant, la concentration des pouvoirs, ou les dérégulations de la finance mondialisée… Il faut donc être conscient des limites à poser en particulier au développement technoscientifique débridé, et à la consommation des énergies fossiles et des ressources, qui  détruit notre écosystème Terre.

De plus, il ne peut y avoir d’expertise qui vaille en matière de choix politique de la part de la classe des politiciens : la parole de chaque citoyen doit pouvoir peser du même poids. Au V siècle avant J.C et à Athènes qui a inventé la démocratie, si des élus avaient voulu défendre un tel point de vue « d’experts  en choix politiques », ils auraient fait à juste titre la risée publique ! cf. discours de Périclès aux Athéniens nommé « l’Oraison funèbre » (c’est le peuple réuni en assemblée, et lui seul, qui à « l’expertise » politique). A Athènes à cette époque, si l’on fait partie des citoyens de plein droit (cela excluait malheureusement les femmes et les esclaves), en matière politique, chaque citoyen était maître de sa parole. Elle était aussi importante que celle des autres, fussent-ils « magistrats », c’est à dire élus. Se réclamer d’une quelconque « expertise » en dehors des arts de la guerre, de la construction de bateaux  ou des autres matières techniques, relevait de la confusion mentale et de l’usurpation d’autorité ! Les personnes qui auraient fait de telles tentatives se seraient  vite fait rappeler à l’ordre par la collectivité des citoyens ! Il serait très utile de rappeler aujourd’hui ces principes démocratiques de base à nos chers « professionnels » de la politique !

Ce projet suppose aussi une vision de la personne (un projet pour le sujet) qui s’appuie sur la capacité critique de l’esprit humain à analyser les réalités, sur un autre visée sociale et individuelle que la recherche de la consommation effrénée d’objets telle que nous le propose nos sociétés de consommation. Il s’agit de mettre la dimension économique et la consommation à sa place, et non plus au centre de nos activités. A ce sujet, les réflexions au sujet de la consommation de Jean Baudrillard (« La Société de consommation »), et les réflexions sur la construction sociale de la personnalité des sujets, de Dany-Robert Dufour (6) sont des lectures fort clairvoyantes sur l’évolution de nos sociétés et des sources précieuses d’inspiration pour l’action :

Ce serait aussi commettre une grave erreur que de ne pas s’appuyer au titre des héritages positifs du passé, et au niveau de l’individu, de la psychanalyse qui vise la constitution d’individus libres et autonomes : elle constitue un outil complémentaire de cette démarche; j’y reviendrai plus loin. 

Il s’agit donc de réhabiliter des valeurs autres que la recherche du profit individuel et sur le plan psycho-social d’autres types de personnalités que celles qui sont favorisées par le système social actuel, avec le développement du narcissisme que dénonçait à juste titre Christopher Lasch (7)…  D’après cet auteur notre mode de vie développe des Narcisse qui ont pour vocation de  se montrer aux autres sous leurs meilleurs atours comme il l’expose dans son ouvrage « La culture du Narcissisme » :«  Narcisse a besoin des autres pour s’estimer lui-même ; il ne peut vivre sans un public qui l’admire. Son émancipation apparente des liens familiaux et des contraintes institutionnelles  ne lui apporte pas pour autant la liberté de se complaire dans son individualité.  Elle contribue au contraire à l’insécurité qu’il ne peut maîtriser qu’en voyant son « moi grandiose » reflété dans l’attention que lui porte autrui, ou en s’attachant à ceux qui irradient  la célébrité, la puissance et le charisme ».  

On peut également citer sur le même registre  les réflexions du philosophe  Dany-Robert Dufour dans son livre « l ‘individu qui vient »(6) : « L’individu se trouve réduit à ses pulsions par la culture de marché qui s’évertue à lancer en face de chaque appétence mise à nu et violemment excitée un produit manufacturé, un service marchand ou un fantasme plus ou moins adéquat bricolé par les industries culturelles »

Pour les personnes ainsi formatées, la vie sociale est une scène où se déroule leur propre représentation face celle des autres individus qui jouent leur propre partition individualiste. Chacun se meut de manière atomisée, sans aucune logique collective autre que celle de la réalisation de messages sur la scène sociale pour marquer son pouvoir, son territoire. Dans ce contexte, les codes de comportement sociaux et de langage sont conformes à des stéréotypes, et sont les seuls messages intelligibles livrées à l’espace public en tant que moyen de reconnaissance par les autres. Pour ce type de sujets, les symboles d’appartenance à une « tribu» dotée à leurs yeux d’un certain prestige (que ce soit un clan, un style de vie, une classe sociale),  sont constitués par des marques commerciales de vêtements  des lieux de rencontres ghettoïsées, des objets signes comme des voitures de luxe pour les plus riches….

L’autre stratégie possible, et souvent complémentaire, est le repli sur sa sphère privée, familiale, amicale  afin de préserver un minimum de liens non fonctionnels et chaleureux ou retrouver un minimum de bien-être. On voit donc ainsi proliférer les associations en tout genre, ce qui est une bonne chose en soi. On ne compte plus les stages de « ressourcing », de coaching; les formations pour soigner son corps par la méditation, la détente, le yoga, la sophrologie, les massages ; les centres de balnéothérapie, de naturopathie ; les médecines douces et alternatives ne se sont jamais porté aussi bien… Pourtant on  n’a jamais autant consommé d’antidépresseurs, de tranquillisants et de drogues douces ou plus dures … Faut croire que quelque chose continue de clocher !

Pour rompre avec ces logiques psycho-sociales,  il s’agit au contraire de former des citoyens qui acceptent des limites liés à la vie en société (processus de socialisation) ; et aussi celles liés à la survie de la planète (enjeux écologiques).

Des individus qui intériorisent les bornes à ne pas dépasser face aux comportements égocentriques, boulimiques et peu respectueux des autres. Des personnes conscientes des limites d’une croissance basée sur un modèle de développement et une pseudo culture de la consommation de gadgets technologiques (ex : téléphone mobile dernier cri, méga écran de télévision) et d’objets-signes de prestige social (logements spacieux, sports d’élites, grosses voitures, marques de vêtements, voyages intercontinentaux...).

Notre objectif est d’encourager  toutes les formes de prise de conscience de ces mécanismes aliénants, de prise en charge par les personnes de leur propre destin à l’échelle locale ou plus globale.

Au niveau des entreprises ce sont des formes de gestion participative, voire d’autogestion (Gestion Sociale et Responsable, Sociétés Coopératives de Production).

Dans nos villes, ce sont des collectifs d’habitants pour améliorer le logement et le cadre de vie, les associations de protection de l’environnement.

Au niveau des territoires, c’est l’agriculture paysanne, l’agro écologie, les circuits courts, les associations environnementales et sociales  et de solidarité… qui sont des facteurs de maîtrise sur la réalité.

Au niveau  national et au-delà (Europe), c’est  la lutte pour la souveraineté alimentaire et économique (donc politique) et contre le dumping social et environnemental lié à la mondialisation qui est l’outil adéquat.

Notre vision est aux antipodes des options libre échangistes défendues par des organismes comme l’OMC ou les multinationales qui mettent en concurrence des pays avec des niveaux de vie et de protection de l’environnement très inégaux ; ce qui conduit au nivellement par le bas via le marché mondialisé et sans entraves. Nous  réfutons par ailleurs le faux débat entre protectionnisme et libre échange concurrentiel. Pour nous, l’un et l’autre sont des moyens à mettre au service d’un projet, qui peut inclure à la fois des protections face au dumping social et environnemental, ou/et de la concurrence dans le cadre d’espaces écologiques et sociaux relativement homogènes. Nous-nous en expliquerons dans le détail au cours de cet ouvrage.

Ecologie :

Le mode de développement actuel induit la destruction de la planète à terme. Il est urgent de réfléchir à un autre modèle compatible avec le respect de la nature, le renouvellement et la préservation des ressources, la beauté des paysages et la survie du maximum d’espèces animales et végétales et de l’homme sur notre planète.

La conscience des limites qu’a apportée l’écologie politique, est essentielle face aux délires technologiques et à la généralisation du mode de développement industriel qui détruit notre planète (il faudrait déjà plusieurs planètes en terme de besoins d’espace, de ressources  si l’on voulait vivre comme les plus développés. Cf. note 8 en bas de chapitre sur la notion d’ « empreinte écologique » mis en avant par les associations environnementales comme World Wild Found (WWF) 

Malgré une progression de la prise de conscience de ces enjeux par les citoyens, les actions publiques actuelles en faveur de l’environnement sont en effet très insuffisantes et il est urgent d’engager des actions à la fois plus radicales et progressives pour inverser le cours des événements : concentration urbaine et exode rural, destruction des écosystèmes, pollution de la mer et des cours d’eau  de l’air, réchauffement de la planète…

Car les évolutions actuelles avec le développement des techniques,  font système , comme l’a très bien décrit de manière précise Jacques Ellul (9) : la concentration urbaine et l’exode rural sont les deux faces du « déménagement du territoire », la concentration industrielle appelle la concentration urbaine et vice-versa, la centralisation technique induit la concentration des pouvoirs (ex : centrales nucléaires et concentration de la gestion énergétique), la croissance urbaine aggrave les problèmes de gestion des déchets (eau, ordures), du trafic (embouteillages) …

Face à ces défis, à ces cercles vicieux et  à ces mécanismes pervers, nous allons donc réfléchir sur toutes les pistes à mettre en œuvre afin de donner des perspectives concrètes pour une société plus démocratique et écologiste.

La tâche consistera à imaginer des mécanismes institutionnels qui vont favoriser l’autonomie individuelle et collective, que ce soit par exemple en termes de fiscalité, de pédagogie, d’organisation économique, d’urbanisme…

Mais avant tout, et parce que c’est un préalable au reste,  nous ferons la critique des partis politiques et d’un certain syndicalisme.

J’exposerai ensuite les valeurs sur lesquelles je l’appui pour forger un autre projet politique  que ce monde désenchanté, dans la tradition des meilleurs aspects des mouvements démocratiques du passé (luttes ouvrières et paysannes, féministes et écologistes…), et , osons le dire,  un certain romantisme révolutionnaire (10) pour qui la recherche du sens de la vie et de la beauté nécessite un regard critique sur certains aspects du modernisme . Ainsi comme l’indiquent Michaël Lowy et Robert Sayre  dans leur livre magistral « Révolte et mélancolie » : « Le romantisme a relevé toute sa force critique et sa lucidité face à l’aveuglement des idéologies du progrès…(les romantiques) ont vu ce qui était en dehors du champ de visibilité de la vision libérale individualiste du monde : la réification, la quantification, la perte de valeurs humaines et culturelles qualitatives, la solitude des individus, le déracinement, l’aliénation par la marchandise, la dynamique incontrôlable du machinisme et de la technologie, la temporalité réduite à l’instantané, la dégradation de la nature ».« Il ne s’agit pas de vouloir abolir le machinisme et la technologie, mais  de les soumettre à une autre logique sociale- c’est-à-dire les transformer, de les restructurer et de les planifier en fonction de critères qui ne sont pas ceux de la circulation des marchandises ». « Cela ne signifie pas un retour au passé, mais un détour par le passé vers un avenir nouveau ; détour qui permet à l’esprit humain de prendre conscience de toute la richesse culturelle, de toute la vitalité sociale qui ont été sacrifiées par le processus historique déclenché par la révolution industrielle et de chercher les moyens de les faire revivre ».

Qu’on ne se méprenne donc pas sur le sens de mes paroles : je ne cultive pas une nostalgie du passé et nous ne négligeons pas les aspects positifs des techniques dans l ‘amélioration de la qualité de vie en particulier pour les femmes. Je dis simplement que, comme l’a justement souligné Alain Finkielkraut dans son dernier ouvrage « L’identité malheureuse », le passé est aussi riche d’enseignements,  et  le « progressisme » qui consiste à le condamner en bloc,  n’est pas le nôtre (11).

J’analyserai ensuite,  le contenu donné au sens du vécu proposé par nos sociétés modernes à travers la théorie des besoins qui  sous-tend et met en avant une certaine conception de la personne adaptée au développement et à la consommation de la production de biens et services. Nous en ferons la critique, car c’est la condition d’une nouvelle conception de l’être humain, plus libre de ces choix de vie, et plus conforme à nos vœux.

Comme je l’ai exposé plus haut, la critique du rôle joué par la technique dans nos sociétés me semble indispensable dans une perspective d’autonomie .Il fera l’objet d’un chapitre de ce livre. Je m’appuierai en particulier pour cette partie sur les travaux de Jacques Ellul qui a analysé le rôle central joué par la technique sur l’organisation sociale - cf. son livre le Système technicien (9) : « Ainsi on arrivait à une nouvelle conception de la Technique, comme milieu et comme système : c’est à dire que les techniques combinées entre elles et concernant la totalité des actions ou des modes de vie humains prenaient une importance qualitativement différente. La Technique cessait d’être une addition de techniques pour, au travers de la combinaison et de l’universalisation, arriver à une sorte d’autonomie et de spécificité ».

Dans une série de chapitres ultérieurs j’exposerai à travers des exemples concrets quelles sont les traductions dans le réel, de ces perspectives en terme d’institutions sociales, de règles législatives. Ce sera par exemple le cas de l‘urbanisme, du foncier,  de l’agriculture et, en premier, de l’économie qui contraint de plus en plus notre vie quotidienne.

J’invite les lecteurs à me faire part de leurs réactions, réflexions ou propositions suite à la lecture de cet ouvrage en me contactant :

Georges Fandos

Mail: georges.fandos@wanadoo.fr

 

* Cornélius Castoriadis, « Démocratie et relativisme. Débat avec le MAUSS », Mille et une Nuits - Paris 2010

* * Il ne s’agit pas de s’attaquer à l’ensemble du corpus des idées libertaires dont je  reconnais aussi des aspects émancipateurs, mais de la confusion crée par ceux qui au nom de ces idéaux , sont prêts à jeter « le bébé avec l’eau du bain » : à savoir le passé avec ce qu’il faut effectivement  laisser de négatif (les structures patriarcales d’oppression, les anciennes dominations), mais aussi avec ce qu’il faut retenir de positif  (les institutions de régulation des conflits par le Droit, les luttes d’émancipation paysannes et ouvrières, les combats féministes…! Et ce n’est pas l’Autorité en soi qui pose problème, mais le fait de vouloir nier le fait qu’elle soit nécessaire à la régulation sociale à condition qu’elle soit elle-même régulée par des contre-pouvoirs démocratiques. La négation de toute Autorité (le « Ni Dieu, Ni Maître, des anarchistes) est une forme d’angélisme qui conduit souvent au fait que ce soit les individus les moins scrupuleux qui  prennent le pouvoir: ceux qui au nom du refus des règles imposent de fait leur pouvoir personnel. Voir les formes de pouvoir sectaire de certains « gourous » dans des communautés dites « libres ». Quand la question du pouvoir n’est pas institutionnalisée dans une communauté, elle se pose alors en termes beaucoup plus cruciaux !

(1) J’ai participé activement aux différents mouvements écologistes en France depuis 1974, principalement en tant que membre fondateur des Verts, puis Vice-Président du mouvement CAP 21, présidé par Corinne Lepage.

(2) Je reviendrai sur le chapitre suivant sur la critique des forces politiques actuelles en France et en Europe

(3) Cornélius Castoriadis : cf. son ouvrage central, « L’institution imaginaire de la Société » ou « Une Société à la dérive » - Editions du Seuil 

(4) Guy Debord « La Société du Spectacle » - point 4 - Editions folio.

 

(5) Yvan Illich « La convivialité » - Editions du Seuil 

(6)  Dany-Robert Dufour) « l ‘individu qui vient » - Editions Dénoël

 

(7) Christopher Lasch –« La culture du narcissisme » - Editions Flammarion

(8) WWF - l’empreinte écologique : www.wwf.fr/nos_priorites/reduire_l_empreinte_ecologique

(9) Jacques Ellul cf. « Le système technicien » Editions Le Cherche-Midi, ou les ouvrages de Bernard Charbonneau  ( Le système et le chaos ») ou Lewis Mumfort (« La cité à travers l’histoire ») 

(10) Cf. l’excellent ouvrage sur le romantisme « Révolte et mélancolie, le romantisme à contre-courant de la modernité » de Michaël Lowy et  Robert Sayre, Critique de la politique éditions Payot.

(11) cf. le livre récent de A.Finkielkraut « L’identité malheureuse »  ou les écrits plus anciens de G.Orwell et ceux plus récents de J.C Michéa  - voir bibliographie en fin de livre.

 

30/12/2014

Présentation du livre "Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle"

Je vous signale la publication d'un ouvrage qui apporte des arguments et des faits favorables à une vision véritablement démocratique, et qui est présenté dans la revue Esprit (excellente revue) , dont j'ai reproduite le début de l'article ci-après   que vous trouverez en intégralité à l'adresse:http://www.esprit.presse.fr/news/frontpage/news.php?code=356

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Présentation du livre Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle 

(Paris, La Découverte, 2014) par Pierre Dardot et Christian Laval à l’occasion d’une rencontre avec les auteurs à la revue Esprit, animée par Jean-Claude Monod.

 

Christian Laval : Ce livre est le résultat de nombreux échanges, notamment dans le cadre d’un séminaire du Collège international de philosophie. Il résulte également de nos travaux précédents au sein du groupe d’études « Question Marx ». Nous avions précédemment travaillé sur le néolibéralisme, dans le livre La nouvelle raison du monde[1], dans lequel nous avancions que la société était aujourd’hui dominée par une rationalité fondée sur la norme de la concurrence et sur le modèle de l’entreprise. Cette longue analyse appelait à la construction d’une rationalité alternative. Pour cela, nous nous sommes mis à l’écoute de ce qui se faisait, des pratiques et des discours qui toutes et tous nous semblaient tourner autour d’un certain nombre de termes, dont le terme de « commun ». Nous avons donc voulu élucider ce que l’on pouvait entendre par « commun » : d’où vient cette question, par quels chemins historiques est-elle venue jusqu’à nous ?

 

Au niveau national et international, de nombreuses pratiques s’articulent autour du commun et des biens communs, ainsi que de nombreux travaux scientifiques et des discours d’acteurs de mobilisations sociales. On observe la construction d’une rationalité alternative, à travers l’articulation entre des recherches très théoriques (venant de juristes, d’historiens, d’économistes) et des pratiques et mobilisations sociales. Les deux foyers essentiels sont les Etats-Unis et l’Italie. En France, il y a un certain retard sur ce thème, retard que ce livre cherche aussi à combler.

 

Le livre est divisé en trois parties. Dans la première, nous analysons l’émergence historique du commun. Dans la seconde, nous abordons la théorie juridique et politique de la notion. Enfin, dans la troisième partie, nous avons voulu faire des propositions politiques invitant à la mise en œuvre d’une politique possible du commun...

 

21/12/2014

Mobilisons-nous pour réduire l’impact du doublement de l’A9 sur l’environnement et la santé !

 

L’association de défense du patrimoine (ADPMA9) est une association de riverains du village de Saint-Aunès et de Mauguio  qui s’inquiète des conséquences environnementales et pour la santé des riverains, du projet de doublement de l’A9. La pollution de l’air va s’aggraver, alors qu’il faut le rappeler, deux écoles du village jouxtent le projet de doublement de l’A9 !

Face à cette pollution de l’air liée au trafic routier sur l’A9 qui déjà aujourd’hui dépasse les normes réglementaires pour plusieurs polluants de manière permanente (NO2, Benzène, PM10, PM 2,5) ou de façon ponctuelle et répétée (Ozone), nous souhaiterions qu’à l’occasion du projet de doublement de l’A9, soit mis en place un dispositif innovant et pilote de réduction de la pollution de l’air et du niveau de bruit, à base de haies arborées et de buttes de terre végétalisées, le long des deux bordures du tracé de la future A9 au niveau de la commune de Saint-Aunès et du hameau des Garrigues selon le schéma ci-après,

 

De plus, pour la réduction du bruit de la circulation à la source, nous demandons des revêtements routiers moins bruyants.

Nous avons présenté ce projet lors d’une réunion publique le 2 juin 2014 à Saint-Aunès en présence des élus et des responsables du projet de doublement de l’A9 des ASF,  et interpellé les autorités: Ministère de l’Ecologie, Préfecture, DRAE,…

Pour renforcer notre demande, nous avons fait signer, avec l’appui des élus de Saint-Aunès et de la Fabrique Citoyenne, une pétition en soutien à ce projet qui rassemble déjà plus de 400 signatures de riverains.

Une première réunion de travail a eu lieu avec des représentants des élus de Saint-Aunès, dont Mme le Maire, et les ASF. Les discussions sont donc engagées mais sont loin d’avoir abouti car nous voudrions que notre projet soit inscrit noir sur blanc dans le cahier des charges du chantier de l’A9; ce qui est loin d’être acquis !

Pour être entendus, nous avons donc besoin de la mobilisation de tous !

Pour nous contacter envoyer un mail à : georges.fandos@wanadoo.fr

                       

           

 

12/04/2014

PETITION CITOYENNE POUR LE RENFORCEMENT DES MOYENS DE LUTTE CONTRE LA POLLUTION LIEE AU PROJET DE DOUBLEMENT DE L’A9

 

 

ASSOCIATION POUR LA DÉFENSE DE NOTRE PATRIMOINE menacé par le doublement  de L’autoroute A 9  dans l'Hérault                                                                                                   

Les ASF (société d'autoroutes du Midi de la France) prévoient une protection très insuffisante des populations contre les pollutions liées au doublement de l’A9 à hauteur de Saint-Aunès et des Garrigues (Hérault) . Il est prévu, en particulier, au niveau du village, un simple  mur « anti-bruit » constitué d’une paroi en partie en plexiglas qui protègerait très peu contre le bruit et la pollution de l’air, et qui de plus sera dégradé et « tagué » rapidement.

Comme nous l’avions prévu et faute d’une mobilisation citoyenne à la hauteur des enjeux, ils s’en tiennent donc à ce qui est strictement obligatoire d'un point de vue légal. Les aménagements prévus  restent donc très en dessous de ce que l’on pourrait espérer pour protéger correctement les riverains et habitants de Saint-Aunès et des Garrigues.

Nous vous invitons donc à signer cette pétition qui sera portée sur la place publique, et auprès des ASF et des autorités publiques (Commune, Préfecture, Ministères…) afin d’exiger, pour minimiser l’impact sanitaire et environnemental du doublement , que soient inscrites dans le cahier des charges des travaux du doublement de l’A9, les infrastructures suivantes au moins au niveau des zones habitées :

-        Création de merlons en terre pour limiter le bruit au niveau du village et de toutes les zones habitées.

-        Mise en place de revêtements routiers moins bruyants

-        Plantation de rideaux d’arbres et d’espèces capables de fixer certains polluants de l’air, en particulier au niveau des installations sportives (particules diesel particulièrement toxiques, métaux lourds, …).

 Nous souhaitons également en tant que riverains, être régulièrement informés de l’état d’avancement des projets afférent au doublement de l’A9, et en particulier, être consultés pour la prise en compte de nos revendications dans la rédaction du cahier des charges du chantier.

Signatures à renvoyer à :

 Contact : Georges Fandos- mail : georges.fandos@wanadoo.fr