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12/04/2015

Accord Etat- Sociétés d'Autoroutes : un bel enfumage !

L'accord qui vient d'être signé entre les sociétés d'autoroutes et l'Etat, est tout à l'avantage des exploitants des autoroutes puisque l'augmentation des tarifs n'est pas annulée, mais simplement reportée à partir de 2016 et qu'en contrepartie, les gérants des autoroutes obtiennent un rallongement du contrat de concession de deux ans au moins.

L'Etat a abandonné toute idée de renégocier les concessions ; et pour cause: puisqu'il s'était déjà fait rouler dans la farine par les sociétés d'autoroutes lors de la signature des dits contrats de concessions : leur dénonciation aurait coûté plusieurs milliards à l'Etat; tout était fort bien ficelé par les sociétés d'autoroutes. Les déclarations fantaisistes de Mme Ségolène Royal sur la gratuité des autoroutes le week-end sont bien sûr, et comme c'était à prévoir, passées à la trappe.

Nous sommes donc très surpris de la communication gouvernementale présentant cet accord comme un compromis acceptable. Les travaux annoncés à cette occasion sont de toute façon un moyen pour les sociétés d'autoroutes d'engranger de futurs bénéfices et on ne voit pas en quoi ils constituent une avancée pour les utilisateurs !

Georges Fandos



Commentaires

Le très grave actuellement dans ce scandale autoroutier, ce sont les 10 milliards d'euros de péages en plus par année de prolongation, et les centaines de morts et milliers de blessés supplémentaires. C'est ce que nous fait payer le gouvernement en prolongeant les concessions. Il aurait dû modifier pour intérêt général les concessions conclues aux dépens des Français; car le prix du péage détourne les automobilistes vers les autres routes 5 fois plus mortelles que les autoroutes, d'où des milliers d'accidentés et morts supplémentaires.
La principale faute est de prolonger les concessions et de récompenser cette spoliation des usagers par 3 milliards de travaux routiers sur lesquels les usagers devront payer un péage supplémentaire (routes actuellement gratuites transformées en autoroutes payantes,...), une subvention indirecte par travaux captifs très rémunérateurs (super salaires et super bénéfices) et pour chaque année de prolongation une rente d'une dizaine de milliards supplémentaires de péage (toujours sous condition de ristourne énorme en impôts pour l'Etat). Rente que devra payer la génération future, au lieu de pouvoir circuler librement et avec moins d'accidents si les péages avaient été supprimés à la fin des concessions actuelles.
Les concessionnaires autoroutiers et les groupes dont ils dépendent cumulent les subventions, rentes et statuts privilégiés. Avec de l'argent emprunté à taux d'intérêt réduit (plus de 60% du coût d'achat de ces rentes), ils ont acheté la rente des concessions qui représente 200 milliards de péages sûrs à recevoir en 25 ans. Il n'y a pas de risque à emprunter 20 milliards d'euros avec un emprunt dont les intérêts sont remboursés par le fisc sous forme de déductions d'impôts (un demi milliard d'euros déduits par an depuis la privatisation) et récupérer 6 à 9% d'intérêts par an sur ces 20 milliards. Cet intérêt est pris sur le niveau de vie des usagers.
Les travaux captifs ordonnés par l'Etat pour l'entretien et les améliorations sont d'autres occasions d'obtenir une rentabilité supplémentaire non comptabilisée dans les comptes des concessionnaires aux frais des usagers (certains de ces travaux auraient pu être payés 40% moins chers avec des appels d'offres ouverts), probablement au bénéfice direct et indirect des groupes de TP dont à la fois la rentabilité et l'influence sont ainsi encore plus gonflées par rapport aux autres activités et acteurs économiques (cette distorsion de concurrence permet de faire disparaître cette concurrence et d'augmenter à terme les prix des travaux dans tous les secteurs,...). Un résultat de la privatisation est qu'on construit 2 fois moins de longueur d'autoroute qu'avant la privatisation (à peine une centaine de km par an) avec les handicaps économiques et en embouteillages supplémentaires qui en résultent pour les Français.

Écrit par : darad | 12/04/2015

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