Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/03/2015

De quoi le Front National est-il le signe ?

Le FN prospère sur l’aggravation de la crise et sur l’incapacité de la classe politique traditionnelle à y apporter des réponses à la hauteur des enjeux. Il correspond à la réponse politique d’une partie de l’électorat populaire et de classes moyennes qui se sentent menacées par le chômage et l’insécurité, désabusés par cette situation et qui se réfugient soit dans l’abstention soit dans ce vote protestataire. Seul une minorité de ses électeurs adhère profondément à ses thèses. Il ne sert donc à rien de prendre des positions purement morales pour condamner ce vote ; c’est ce qui explique l’échec des Front Républicains et de la Gauche « bien pensante ».

La réponse politique adéquate à apporter pour faire reculer le vote FN et réduire l’abstention, ne peut être que le recul de la précarité et de l’insécurité dus à la crise. Or c’est là que le bât blesse ; les gouvernements successifs de la Gauche et de la Droite on été incapables non seulement de mettre en œuvre des protections sérieuses face à la mondialisation dérégulée, qui a provoqué chômage et délocalisations, mais ils ont en plus accompagné et aggravé ces phénomènes en encouragent les dérégulations financières via le soutien à des traités qui les ont facilités comme ceux de Maastricht, l’Acte unique, le Traité Constitutionnel Européen (TCE). Encore plus grave, quand le peuple a été consulté et qu’il s’est exprimé contre ces évolutions, non seulement la classe politique n’en a pas du tout tenu compte, mais elle a contourné la difficulté, en adoptant malgré tout le TCE  via un vote au Parlement dans une belle unanimité de la plus part des forces gouvernementales !!!

Quel déni de démocratie !

Faut-il donc s’étonner du résultat ?

Dans certains pays européens (Grèce, Espagne…) les forces populaires et les intellectuels qui leur sont proches, écrasés par les réponses ultralibérales et mondialisatrices  des forces traditionnelles, ont  commencé à réagir et à proposer des alternatives. On a vu ainsi surgir le parti « Siriza » en Grèce, « Podemos » en Espagne qui sont en train de bouleverser la vie politique de leurs pays et balayer les partis traditionnels.

Ils constituent un énorme espoir et nous espérons qu’ils n’échoueront pas, malgré les nombreuses difficultés qui se dressent devant eux : crise des finances publiques, dettes privées, …

En France un tel mouvement ne s’est pas encore formé à cause du poids des structures des partis dans la vie médiatique et le clientélisme. Ceux qui auraient pu les représenter tel le Front de Gauche sont trop liées à l'emprise idéologique de la gauche traditionnelle et n’ont pas su rénover leurs pratiques et leurs discours : ils restent prisonniers du vieux clivage Gauche / Droite, contrairement à Siriza et Podemos qui s’en défendent car il en va de leur survie. Les Verts et d’autres écologistes politiques sont empêtrés dans leurs vieux démons : participer ou pas au gouvernement finissant de Mr Hollande ? Comme si c’était la question d’actualité, autrement que pour l’avenir de quelques futurs « ministrables » condamnés à l’impuissance par une classe politique de Gauche qui n’a rien compris à la crise écologique et qui ne fera rien de significatif contre, mis  à part quelques conférences, comme celle de Paris en 2015  sur le climat, dont on se demande quels sera le bilan, si ce n’est la consommation accrue de kérosène à cause du déplacement massif en avion de tous ces gouvernants et experts ?

Il est temps que la société civile prenne en charge son destin et n’attende rien des fausses alternances gauche / droite et des impasses du FN. C’est ce qui se dessine dans les nombreuses initiatives pour une économie plus solidaire, les circuits courts, les échanges de services non marchands, l’économie sociale et solidaire. Mais il est urgent de sortir de ces expérimentations sociales, riches en soi, mais limitées, pour définir une alternative plus globale qui tienne la route.

Georges Fandos

Le 22/03/2015

Les commentaires sont fermés.