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03/09/2011

Chronique sur le dernier livre de François Hollande

Je viens de lire avec précaution le dernier livre de François Hollande (“Le rêve français”) , histoire de voir ce qui nous attend s’il est président.
Quelques morceaux choisis:
P 52:  “La désindustrialisation n’est plus une menace , c’est un fait accompli”
P 78 “ la solution, c’est de réarmer la production française: politique industrielle, croissance verte, effort de recherche”
p110 : “je peux comprendre que l’on puisse introduire une taxe carbone aux frontières et être plus vigilant sur le dumping social et fiscal”
Tout cela est fort bien , mais on peut lire aussi dans ce même ouvrage:
P 110: “je récuse l’idée ... que le relèvement des tarifs douaniers.... puisse être un levier efficace”

Autrement dit, F. Hollande  nous annonce: oui, à une ré-industrialisation compatibles avec la croissance verte et en luttant contre le dumping social et environnemental , mais en ce qui concerne les outils pour le faire (taxe carbone, tarifs douaniers..) François Hollande “comprend” qu’on veuille le faire mais il ne croit pas à ces outils !
Que fera-t-il s’il est au pouvoir ? Continuera t-il à évoquer des vœux pieux sans se donner les moyens de les réaliser?
Plus inquiétant: il propose par ailleurs (p 53) de faire un emprunt pour aider les entreprises à produire . Mais le problème actuel ce n’est pas en soi la difficulté pour les entreprises de trouver des fonds pour investir ,mais les débouchés limités par la déflation et la concurrence déloyale de pays à faibles  coûts ou a forte productivité (Allemagne) qui interdisent des perspectives d’investissement chez nous ! Il y a là de sa part une très grave erreur d’analyse !

De plus les euro obligations que François Hollande a encore défendu sur France Culture cette semaine, sont une nouvelle fuite en avant dans le laxisme et la facilité : on va faire des emprunts auprès des Etats européens qui en ont encore les moyens pour financer des euro obligations cautionnées par l’ensemble des contribuables européens sans véritables contreparties et garanties,  car l’Europe politique n’existe pas et il sera impossible dans ces conditions d’exiger des disciplines budgétaires à des pays qui ne les veulent pas ou ne peuvent pas les appliquer car c’est aux peuples qu’on demande les sacrifices.
Ces ”euro obligations”  me rappellent terriblement le mécanisme de la titrisation des dettes : un système opaque où on propose à des prêteurs  un produit financier qui est un mélange de dettes fiables et d’autres qui le sont moins (les fameux “subprimes” des USA) , mais que le prêteur final a du mal à appréhender du fait de l’ opacité de sa composition; de la même façon on refourguera à des Etats européens la charge de se faire rembourser via une structure spéciale créée à cet effet (FESF* ou MES*) , des euro-obligations qui seront un mélange de dettes des Etats plus ou moins fiables : cela va fragiliser la BCE, les fonds structurels créés “had hoc “(le FESF et MES) ... et les Etats qui fournissent les fonds ! La facture risque d’être salée pour les contribuables des pays qui pourront encore payer !
De plus le rachat par la BCE (plus de 100 milliards d’euros) réalisés ces jours ci, sur le marché secondaire (rachat d’obligations d’Etat décotées) des obligations de l’Europe et l’Italie a contribué à diminuer le taux de ces obligations: cela prouve qu’on a pas besoin d’euro obligations pour faire baisser les taux ! (C’est l’argument avancé pour justifier ces euro-obligations)
Au moins le mécanisme mis en œuvre par la BCE, et pourquoi pas demain par le FESF ou le MES, est plus transparent ! Par ce mécanisme,  le marché fixe la vrai valeur de marché des obligations, au lieu de, à travers des euro-obligations, de la masquer derrière un panier plus ou moins fiable de dettes. Ainsi  au moins , on n’invente pas une nouvelle usine à gaz  !

Cordialement
Georges Fandos

FESF: Fond Européen de Solidarité Financière, abondée par des Etats de l’UE à hauteur de 440 milliards d’euros.
MES: Mécanisme Européen de olidarité doté de 500 milliards d’euros, par les mêmes Etats... Contribuables à vos poches ,si la Grèce, l’Irlande, Le Portugal... Ne payent pas !

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